La presse et La Faisanderie sous les arcades historiques d'Arras

Le Michelin nouveau est arrivé
Restaurant La Faisanderie Arras Précédant celles du printemps, les feuilles du Michelin sont arrivées en ce début de mars. Si les idées de ce mois furent fatales à César, celles de la « Bible gastronomique » s’avèrent en général bénéfiques à nombre de restaurateurs, même si elles sont attendues avec angoisse par beaucoup et se situent fatales pour quelques-uns.
Dans le Nord-Pas-de-Calais, le fait marquant est la promotion, attendue, du distingué chef de la Laiterie à Lambersart.
Elle récompense un talent reconnu du grand public et, ce qui est plus rare, de ses confrères.

Après avoir fait les beaux jours de son bistrot du180 à Tourcoing, le jeune maître queux Benoît Bernard a succédé ici à Ludovic Vantours dont il vient de ressusciter l’étoile.

Tels les 3 mousquetaires, ils se comptent désormais quatre à Lille à s’éclairer de la distinction tant enviée: L’Huîtrière, le Sébastopol, l’Esplanade et la Laiterie. À part cela, rien de bien nouveau. Marc Meurin a emporté sous sa toque, quinze kilomètres plus loin en Artois, à Busnes, en son château de Beaulieu, les deux étoiles conquises à Béthune que lui valut un savoir-faire unique au nord de la Seine.

Il faut en effet traverser tout le Nord-Pas-de-Calais et toute la Picardie pour trouver, dans la capitale normande, à Rouen, chez Gill, pareil mérite. Brillant second, son élève Éric Delerue honore toujours d’une étoile l’élégante commune de Laventie où fleurit son Cerisier.

A Béthune, trois couverts, confèrent désormais le leadership à Jean-François Buche au départ comme il le fut jadis, en ce même restaurant au talentueux et si affable, Claude Cordier, élu depuis, par ses pairs, à la direction du syndicat hôtelier du Pas-de-Calais.

A La- bourse, les aimables et talentueux frères Luc et Grégory Vandamme brandissent plus fermement que jamais les deux couverts gagnés l’an dernier. Nous ne pouvons que leur souhaiter la même réussite que celle de deux autres frères célèbres dans la profession : Jacques et Laurent Pourcel, à Montpellier, les jumeaux deux fois étoilés. Non loin de là, à Noeux, qui continue à conserver son suffixes « les mines », laborieux certes mais peu touristique et anachronique après la fermeture du dernier puits voici plus de trente ans, David Wojtkowiak orne toujours de, deux couverts le fronton de son Carrefour des saveurs.

Si, dans la Grèse antique, l’Arcadie s’inscrivit comme le royaume de la poésie, â Lens, le jeune Hervé Waquiez la situe incontestablement comme celui de la gastronomie locale, même s’il y ajoute modestement le chiffre de 2, C’est en tout cas celui de son nombre de couverts. Les « aficionados » du R.C. Lens joignent plaisir de la table et du sport à l’espace Bollaert, où on leur propose une formule « entrée au stade, repas et chambre ». De quoi digérer aussi bien défaites qu’arroser victoires... Venons-en à Arras, capitale de l’Artois où, le très estimé Jean-Pierre Dargent apprit qu’il allait à la Faisanderie, récupérer une étoile, naguère perdue... quelques jours après avoir vendu son établissement... Gageons que son jeune successeur, Laurent Duburquoy, saura la reconquérir. En attendant, il conserve trois précieux couverts.

La coupole et la Clef des Sens le suivent avec respectivement deux et un couverts. Un troisième larron à l’incontestable talent arrivé seulement depuis quelques mois et qui, de ce fait n’a pu être visité, le Between, viendra peut-être prochainement se joindre à eux. Ainsi se présente, selon une encourageante constance, le panorama gastronomique d’une région, qui voit son firmament s’éclairer chaque année un peu plus, en attendant l’arrivée du Louvre qui ajoutera la note artistique à ses valeurs gourmandes.

André-Georges PELLETIER « L’AVENIR EN ARTOIS »